Miséricorde et Réconciliation (3)

   Veuillez trouver ci-dessous le troisième et dernier extrait de la conférence donnée par l'abbé Georges RIEUX le 4e dimanche de Carême. 

Vérité de l’aveu et réalisme de la Croix

   La Croix porte en elle-même l’extrême du péché des hommes et l’extrême du Pardon divin. Il y a donc loin, entre le constat indolore de l’affirmation “je suis pécheur” et l’aveu humiliant “j’ai commis tel péché”. Sur la Croix nos péchés sont devenus bien réels, comme nous le chantons avec les mots de la lettre de Pierre (1 P 2, 24) : “Sur le bois,le Christ a porté lui-même nos fautes dans son corps.” Ce n’est pas une image poétique mais la réalité de la Rédemption. Donc, par-delà toute considération psychologique —par exemple, l’aspect libérateur de l’aveu, d’un point de vue théologal, un aveu édulcoré n’est pas conforme au réalisme de la Passion du Sauveur. La Croix, donne sa réalité à notre péché.

Prendre au sérieux le fait que Dieu est miséricordieux nous amène au pied de la Croix, avec une crainte révérencielle, avec espérance et amour pour Celui qui a mis avec tristesse son cœur dans le nôtre, pour que nous trouvions la joie du pardon dans le sien. Seule la reconnaissance humble et courageuse de notre péché nous fait échapper au danger d’une miséricorde galvaudée. Cette vérité nous rend libres et nous introduit dans la compassion divine. Dieu et l’homme sont alors présents l’un à l’autre : la faute du pécheur et la douleur du Sauveur.

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