Deux mondes en crise

Pour Bernard Schürr et Christophe Cabrier, en hommage amical

    Si l’on s’accorde à reconnaître qu’il y a une crise morale de la culture religieuse musulmane, qui a produit ce monstre dégénéré absolument antithétique de ce qui devrait être le génie de l'islam, peut-on prétendre que l’Occident a affaire à une crise de spiritualité ?

On peut en effet reconnaître que la crise de l'Occident et de l'islam fonctionnent en miroir. Mohamed Arkoun ne parlait-il pas de rivalité mimétique à propos du christianisme et de l’islam ? 

L’islam est aujourd’hui perçu comme un sacré fossilisé, dont la visibilité se réduit à quelques signes superficiels, comme le voile, et le halal. Cette pauvreté spirituelle confine à l'indigence, qu'Olivier Roy dénonce comme «La sainte ignorance» (Seuil, 2008). L’islam continue de refuser une interprétation des propos vengeurs concernant les mécréants, juifs et chrétiens, alors qu’il est urgent de procéder à une refondation de la pensée théologique, de remettre en question l’intolérance religieuse, la criminilisation de l’apostasie, les châtiments corporels, la minoration de la femme, un wahhabisme intolérable qui porte atteinte à la dignité humaine.

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