La métaphysique d’Aristote

Pour Solange Bernier, en toute amitié

   Il convient de reconnaître pour commencer que c'est du monde grec que l’Europe hérite d’abord sa faculté de conceptualisation. Chaque fois que nous disons d’une chose ce qu’elle est, dans sa nature, dans son essence, nous en donnons la définition. Qu’il s’agisse de l’eau, de la liberté, de coquelicots ou de gazinières, la définition de la gazinière en l’occurrence, vaut pour toutes les gazinières. Et bien, c’est à la métaphysique d’Aristote que nous devons de faire correspondre le concept et la chose.

Ce macédonien surdoué, cet empiriste-né, a eu le génie de problématiser le savoir. Il met en catégories les êtres et les phénomènes, classe par familles, genres, espèces. Sa métaphysique qui range la nature dans des tiroirs, constitue aujourd’hui le principe méthodologique de l’organisation de toutes les sciences. Si bien qu’en distinguant les gastéropodes des crustacés et des batraciens on ne risque pas de traiter de la même manière les bigorneaux, les cloportes et les crapauds.

Continuer à lire

Pages